La rotonde ferroviaire de Blois - - /!\ menacée de destruction par la municipalité /!\


[Chapitre 12] Perspectives pour la rotonde ferroviaire de Blois :


La rotonde ferroviaire est donc un élément patrimonial, en tant que tel, d'une part parce que c'est une rare rotonde qui soit parvenue à nous en France (moins de 60) et dans la région (2 avec celle de Chartres) et d'autre part, c'est un des rares éléments restants du
patrimoine ferroviaire et industriel de la ville de Blois qui a réussi à traverser le XXe siècle.

La gare, qui est composée de la gare voyageurs, la gare marchandises, et le dépôt ferroviaire, dont la rotonde était la pièce maîtresse, a été le point de commencement de l'industrialisation de Blois et de la création de ce quartier qui a été dévolu à ces activités ferroviaires et à l'industrie, qui l'ont bercée pendant un siècle. (ce quartier a été le plus industrialisé de Blois jusqu'à la création des zones industrielles en périphérie)

Même si beaucoup de bâtiments qui auraient mérité dêtre conservés ont été détruits (comme la manufacture des chaussures Rousset, où 1000 personnes travaillaient en 1890, la majorité des bâtiments de l'usine Poulain), le quartier conserve un certain nombre de bâtiments, comme des bâtiments dévolus à l'activité ferroviaire : gare voyageur, rotonde, château d'eau, maison du chef de dépôt ; des bâtiments industriels, comme des bâtiments de la chocolaterie Poulain, ainsi que d'autres éléments ayant un lien avec l'activité de ce quartier, comme l'immeuble des douanes (en bien plus mauvais état), les pavillons d'octroi de l'Avenue Gambetta, le petit pavillon d'octroi en briques, situé en face de la Banque de France, dont l'avenir est incertain (les services de l'urbanisme n'en voient pas non plus l'utilité), ou de nombreuses maisons ouvrières ou bourgeoises de cette même époque.

L'ensemble de ces éléments architecturaux, dont la rotonde fait intégralement partie, forment un
ensemble extrèmemement cohérent, et forgent l'identité et de la mémoire de ce quartier.

Ils font partie de l'héritage architectural de cette période industrielle qui était alors en plein développement, et qui était perçue comme synomime de modernité, qui a fait la richesse de Blois à partir du milieu du XIXe siècle.

Par ailleurs, on appelle ce micro-quartier, quartier / pôle gare, ce qui prouve la
position centrale de la gare et des éléments périphériques qui s'y rapportent.

Ce patrimoine est une chance, (d'autant plus que Blois a eu la chance que sa rotonde soit parvenue jusqu'à elle, chose rappelons-le extrèmement rare).
Cet héritage appartient à tous les Blésois et à leur ville (c'est ce qu'on appelle un héritage commun). La ville, (composée par la municipalité, élue par les habitants, et les services, rénumérés par les habitants) devrait être la
garante de la bonne conservation des bâtiments que l'histoire nous a léguée au lieu de faire du "vandalisme culturel".

Blois, est pourtant une ville réputée pour la
richesse de son patrimoine, Ville d'Art et d'Histoire, classée au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO dans le cadre du Val de Loire.

Par ailleurs, le Maire, Marc Gricourt, a affirmé en septembre 2013, lors de l'inauguration d'un séminaire consacré au paysage à Blois : "le patrimoine naturel et le patrimoine architectural sont des
atouts, (...) il met en valeur l'histoire de la ville, (...) château, hôtel particulier, urbanisme (sic) industriel (...) d'où l'importance d'associer la population à ces enjeux publics" et "La richesse de notre patrimoine urbain doit être valorisé". Des paroles et c'est tout ?

Au lieu de vouloir absolument détruire des éléments qui forgent l'identité de Blois et de certains quartiers, il aurait été bien plus intéressant et valorisant de tirer parti du
potentiel de ces élements constituant blois afin d'en créer des atouts, plutôt que de les ignorer ou de les prendre comme éléments gênants à détruire.

Par ailleurs, il aurait été bien plus intéressant de faire de cette rotonde un
exemple de conservation, de réhabilitation, de réutilisation, afin de montrer qu'on peut aussi trouver d'autres utilisations, d'autant plus que d'une part, peu de rotondes nous sont parvenues sur le territoire français, que beaucoup de celles restantes sont promises à la destruction (c'est, rappelons-le la seule restante dans le Loir-et-Cher, et l'une des deux seules restantes en région Centre) et d'autre part, Blois n'a pas su conserver et valoriser son patrimoine industriel (à part quelques exceptions, comme une partie de l'usine Poulain, qui fait une des réussites du quartier aujour'hui). Cela aurait été bien plus valorisant pour la ville que de la raser (Montluçon a gardé une partie de la sienne, et bien qu'exploitée par des passionnés, ça fait une des fiertés de la ville, pareil pour Brive-la-Gaillarde, qui l'a réhabilité pour créer un lieu multi-activité).

On dit parfois que Blois a été à l'avant-garde de l'architecture à la Renaissance ; à l'heure où on détruit, la ville de Blois pourrait se distinguer par une réhabilitation qualitative et trouver une nouvelle fonction. Ce type de réhabilitation étant relativement rares, suscite un certain intérêt de la part de la population et des médias (y compris spécialisés : architecture, ferroviaire), cela fait indirectement de la publicité pour le lieu, pour la ville et suscite un sentiment de fierté chez les habitants. Et cela montrerait que la municipalité de Blois n'oublie pas son patrimine secondaire (il n'y a pas que le chateau), qui forge son identit

Rappelons-nous aussi, qu'il y a 30 ans, la municipalité (de droite, cette fois-ci), voulait raser la Halle aux Grains, car les élus n'y voyaient ni le moindre intérêt patrimonial, ni le potentiel, et la jugeait en trop mauvaise état. Aujourd'hui c'est l'un des haut-lieu culturel de la ville.
La différence est que la rotonde est peu visible... Loin des yeux, loin du coeur. Rappelons aussi les opérations d'urbanisme du quartier, : il y a 2 décennies, on jugeait qu'il fallait couper l'avenue du Docteur Jean Laigret et dévier sa circulation Av Gambetta. 20 ans après, on s'apprête à faire le contraire, car on s'aperçoit que l'avenue J Laigret a perdu de sa lisibilité (chose évidente). Aujourd'hui on aimerai également construire le square Pasteur....
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Potentiel architectural :

En terme de conception, les éléments existants ne doivent pas être des
contraintes mais des opportunités.

Le but n'est pas de faire de Blois une ville musée, mais de préserver et de tirer partie autant que possible de sa
richesse, des constructions existantes, de les utiliser et d'exploiter leurs potentiels.

Il s'agit de tirer parti d'un volume existant, de créer un dialogue ancien / nouveau et obtenir un lieu qu'on aurait jamais obtenu en construisant tout d'un coup. Ce palimpseste raconte également une histoire : celle du bâtiment.

Ce bâtiment industriel devrait être valorisé et on peut même rendre au bâti sa majesté et sa grandeur, l'aspect novateur de l'époque ainsi que sa véritable valeur architecturale. Une démarche exemplaire, pour une réhabilitation qualitative au lieu d'une démolition destructrice.


Et cette rotonde ne manque pas de potentiels :
Travaux à réaliser pour remettre la toiture en état.


Marie Attard, la responsable projet du service de l'Urbanisme de la ville de Blois, a affirmé, lors d'une rencontre, que la charpente tenait avec des étais, que des arbres poussaient à l'intérieur, qu'elle s'apprêtait à s'écrouler, or il n'en est rien, comme on peut le voir sur les photographies de l'intérieur, postées précédemment.



Coût :

Le coût de sa remise en état serait probablement moins coûteux qu'une démolition. Les travaux les plus importants se situent au niveau de la toiture, les murs, noircis et tagués pourraient ne nécessiter qu'un simple sablage.
La
remise en état de la toiture, coûteraint de 20 000 à 30 000 €. Une réfection totale de la toiture, qui ne s'avère pas nécessaire, sans remplacement des tuiles (qui sont pour la plupart en bon état : 280 tuiles à remplacer), s'élèverait elle, à 68 000 €.
Or, nous avons estimé le
coût de la démolition de ce bâtiment et l'évacuation des matériaux à un prix allant de 60 000 à 100 000€. (au final elle s'avère, d'après les services de l'urbanisme à 73 500 € hors taxes). Une destruction, qui, par définition, laisse place à un vide, et pas à un bâtiment utilisable.

Certes, ensuite, il faut compter l'aménagement, mais en cas de destruction, il faut compter la reconstruction d'un bâtiment, en plus de son aménagement.


Financement :

Une
inscription aux Monuments Historiques (ce qui est tout à fait possible, étant donné leur rareté, sans compter que d'autres l'ont été dès lors que des associations ou des collectivités s'y sont intéressé) permettrait d'obtenir un financement de l'Etat (jusqu'à 50% des travaux éligibles aux subventions, c'est-à-dire de rénovation : rénovation de la toiture par exemple).

D'autres financements sont possibles, pour compléter, comme par exemple, les
aides de la fondation du patrimoine ou l'appel à souscription, comme cela se fait actuellement pour la rotonde de Longueville qui a déjà réussi à récolter plus de 22 000 €.

Il ne faut pas non plus sous estimer les
moyens humains : plusieurs personnes seraient prêtes à mettre la main à la pâte et à créer une association pour la restaurer et la faire vivre. Le CFA de Blois qui recherche des chantiers pour leurs apprentis, est aussi une piste (ils vont restaurer prochainement une maison.

Le fonctionnement de ce lieu pourrait même être géré par une association (ces mêmes personnes qui sont même prêtes à réaliser des travaux et à en créer une pour cela).


Le développement durable :

On en parle souvent, de plus la municipalité voulait être un exemple dans ce sens (programme pour les municipales 2007
*), or la destruction d'un bâtiment est tout sauf durable. La durabilité consistant à raisonner la consommation d'énergie (ici : énergie pour démolir, énergie pour transporter les matériaux, énergie pour apporter de nouveaux matériaux et énergie pour reconstruire), ainsi qu'à utiliser l'existant.

Comme partout, on détruira sans avoir envisager l'éventuelle reconversion des lieux, et une fois démoli, on fera un bâtiment qu'on estampillera "développement durable" car seule la construction aura été prise en compte et non l'ensemble de la démarche, ce qui relève de l'hypocrisie et d'une démarche qui ne semble durable que via la communication.

* "En lien avec les collectivités dynamiques en matière de développement durable (Région, Conseil Général) nous ferons preuve d'exemplarité pour les générations futures (...)(p14) Inscrire la ville et l'agglomération dans une politique ambitieuse de développement durable (agenda 21) pour faire de Blois une Eco-Ville de référence en France.



Normalement, ça devrait être le bon sens qui l'emporte. Pas ici, hélas.

Nous regrettons que ce bâtiment emblématique du quartier gare n'ait pas été pris en compte pour l'aménagement du quartier.

Nous regrettons aussi le
manque d'écoute de la municipalité. Qu'elle ne voit pas l'intérêt du lieu et qu'elle ne sache pas quoi en faire, passe encore, mais qu'elle ne daigne pas écouter ses citoyens...

2 zones particulièrement en mauvais état : tuiles cassées par des jets de pierre et bois qui a pourri.
Etat de la rotonde de Blois :

Ce lieu est en apparence en assez mauvais état : des tuiles sont manquantes (des pierres ont été jetées sur la toiture, de ce fait un certain nombre de tuiles ont été cassées) et des plaques de zinc protégeant les rives en bois ont disparu, ce qui a engendré la pourriture de certains éléments de charpentes.

Nous avons fait venir des couvreurs sur place afin d'avoir leur avis. Pour eux, la toiture est parfaitement réparable sans que la totalité ne soit à refaire, les dégâts restant
localisés et le reste étant en bon état. De ce fait, il n'y aurait pas forcément besoin de beaucoup de travaux pour la remettre en état.

La quasi totalité des tuiles sont en bon état : nous avons dénombré
280 tuiles à changer sur l'ensemble de la toiture (tuiles tombées ou encore en place mais fissurées). Par ailleurs, il est très facile de se procurer ce modèle, en occasion ou même en neuf (celui-ci étant encore fabriqué et vendu).

Quelques dizaines de mètres carrés de couverture sont à refaire (liteaux, avec non remplacement des tuiles)(voir plan ci-dessus).
Sur les côtés, 2 chevrons latéraux sont à déposer et à remplacer. Les planches de rives, qui ont touts été exposées aux intempéries sont à remplacer également, et à recouvrir de zinc, comme à l'origine.
Même si ce n'est pas indispensable, il est conseillé de refaire les chéneaux en plomb situé dans les noues ainsi que les gouttières. Celles situés à l'arrière ont intérêt à être rénovées, car il semble que ce soit celles d'origine. Les tuyaux d'évacuation manquant presque tous sont à poser.
Les éléments de faîtage situés entre chaque travée sont à étanchéifier car on note des infiltrations à ce niveau. Les liteaux qui soutiennent les tuiles à ce niveau sont à changer.
Il est également conseillé de refaire le lattage en bas de la partie supérieure, où des tuiles sont tombées (probablement avec le vent et/ou les jets de pierres évoqués plus haut).

La
structure principale, composée de fermes et de pannes en métal, est en excellent état structurellement parlant. Elle comporte, certes, un peu de rouille de manière très superficielle, ainsi que des traces de la suie datant de l'époque des locomotives à vapeur, mais cela ne menace en rien la structure, contrairement, par exemple, aux éléments en bois qui ont pu être soumis à l'action de l'eau.

Des devis précis sont en cours de réalisation.
Nous pouvons regretter qu'aucune étude n'ait été réalisée avant, par la ville.

Quand aux murs, ils sont tagués et ont été noircis par le temps, mais l'enduit ne se décolle pas et on note l'apparition de strictement
aucune fissures, ce qui est également très bon signe, surtout pour un bâtiment non entretenu. Sur ce point aussi, il en faudrait peu pour les remettre en état.
Image de synthèse. Possibilité de faire entrer plus de lumière par la partie supérieure du toit.
A l'échelle du quartier :

La
passerelle a comme but de relier le centre avec le Nord et l'Ouest de Blois, ce qui est une bonne chose, mais son coût (coût total de l'opération : 12 millions d'euro) fait grincer l'opposition, qui n'y voit que peu d'utilité.
Les habitants du Nord et de l'Ouest l'emprunteront peut-être, pour aller de chez eux à la gare, ou au centre-ville à pied, ou à vélo, mais les habitants du centre l'emprunteront-ils ? Et pour aller où ? A part au cimetière ?

La rotonde et les activités qui pourront s'y dérouler pourrait permettre de faire passer les habitants du centre-ville et de ses faubourgs de l'autre côté des voies. Et plus que ça,
elle pourrait devenir le pivot, un point de rencontre, entre ces deux quartiers. Le pôle gare s'étendrait donc, par les activités qui s'y déroulent, des deux côtés des voies, et non plus du seul côté Est, et cela permetrait de légitimer la passerelle, tant décriée par l'opposition.... à 6 mois des municipales.

Ces points ont été évoqués dans l'enquête publique sur la passerelle en janvier 2013, mais n'ont pas été retranscrits par le commissaire-enquêteur.
La passerelle et la rotonde... A gauche, le château d'eau et la rue Alfred Halou.
Image de synthèse. Mise en valeur de l'espace situé devant la rotonde, par la création d'un véritable lieu public.
Image de synthèse.
Image de synthèse.
Image de synthèse.
La rotonde offre de nombreuses possibilités de reconversion, qui doivent être pertinents, sans compter son emplacement dans la position charnière du lieu.
- Bureaux patagés.
- Restaurant atypique.
- Salles de sport, qui manquent en centre-ville (cela pourrait permettre de dynamiser ce quartier, et d'attirer des gens au centre) : elle peut comporter par exemple, 1 terrain de Basket / deux cours de tennis / 5 de badmington, l'appenti pouvant être réutilisé pour y aménager des vestiaires, sans compter que l'arrivée d'eau et les évacuations existent déjà, et celui de derrière pour ranger du matériel comme des tables de ping-pong.
- Salles pour les associations, qui manquent d'espace, surtout dans le centre de Blois (aucune maison de Quartier dans le quartier Centre), et qui manquent aussi d'espace d'expositions. Ce lieu pourrait même être gérée par une association.
- Lieu multi-culturel.

Rappelons la démarche de la ville de Luxembourg qui a fait un appel à idée pour ses rotondes !
- forme atypique en arc de cercle, avec de grandes baies, qui, une fois libérée (arbres), s'imposera d'elle-même et peut devenir un élément fort du quartier
- espace intérieur libre de tout poteaux porteurs, ce qui permet une très grande flexibilité de l'espace ;
- possibilité de verrière en toiture, en particulier sur l'élément surélevé central, afin d'apporter de la lumière au coeur du bâtiment ;
- une surface de 950m², dont 780m² sous l'élément central.
- côté Sud-Est ouvert en totalité (6x18m² d'ouvertures virtuelles) ; ouvertures Nord-Ouest, certes, moins lumineuses (coteau), mais apportant tout de même une certaine quantité de lumière ;
L'espace extérieur, situé devant la rotonde, pourrait également être valorisé.

L'espace du pont tournant pourrait être valorisé afin de créer une sorte de place centrale, d'amphithéâtre, où il porrait y avoir des spectacles, où les gens pourraient se réunir, faire de la musique, jongler, etc.