La rotonde ferroviaire de Blois - - /!\ menacée de destruction par la municipalité /!\


[Chapitre 3] Le caractère reproductible et évolutif :

Les rotondes, pour des raisons de réduction de coût, étaient
normalisées et donc réalisées sur plusieurs mêmes modèles (qui ont varié selon les époques, les compagnies - par exemple, celles du Nord-Est comportent souvent un dôme qui abrite la totalité des voies et le pont-tournant, alors que celles de la région et du Sud-Ouest comportent en général uniquement les voies de garage couvertes, créant ainsi un anneau ou un anneau tronqué).
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Plan dressé en Juillet 1889 pour l'agencement de la gare (chemin de fer de Paris à Orléans, service de la voie, Ligne d'Orléans à Tours, Gare e Blois, Agrandissement en vue de la réception des trains de vendôme et de Romorantin, plan d'ensemble des voies et bâtiments). Il est projeté 6 voies plus une extension possible en ajoutant 4 autres voies. La rotonde est située un peu plus en aval qu l'emplacement où elle sera finalement construite, et elle sera inversée. A noter que le château d'eau et la gare ont évolué dans le projet.
On peut noter le dortoir des machinistes (K), le logement du chef du dépôt, en H,le château d'eau en J et l'estacade à combustible (L)
Par ailleurs, les rotondes étaient évolutives, il est possible avec un même principe, de réaliser des rotondes de différentes taille, et encore mieux, de leur ajouter des travées au fil des besoins.

Pour celle de Blois, sur les plans d'origine, on note la présence de
10 voies, ou de 6 mais avec un prolongement en pointillés comportant 4 voies. Il était donc projeté, dès le départ de pouvoir réaliser 4 voies de plus. Ceci explique pourquoi elle est de travers par rapport aux voies. La disparition de la voie ferrée en 1944 fera qu'elle ne sera jamais agrandie.
Certaines rotondes comportaient un pignon non maçonné (en bois) dans le but de les agrandir (Rilly-sur Loire en Saône-et-Loire, ou Château du Loir dans la Sarthe, cette dernière que la partie supérieure était en bois et comportait une ferme au-dessus de ces murs)
Plusieurs rotondes réalisées par la Compagnie des chemins de fers de Paris à Orléans (PO) construites à la fin du XIXe siècle, comme celle de Blois, de Murat dans le Cantal, ou bien de Montluçon dans l'Alliers comportent donc de nombreuses similitudes. Cependant, les éléments n'étaient pas figés : on note de nombreuses différences entre elles, comme la taille des baies, leur nombre (2 à l'arrière par travée pour Muras (Cantal) et Coutras (Gironde), et 1 à Blois), leur forme (arc en plein-cintre à Ussel, arc surbaissé à Blois), les éléments sculptés, les pignons, le plan, etc.

Notons qu'on observe ce même principe avec les gares, construite selon les mêmes modèles et évolutif selon l' importance de la ville (sauf pour les villes plus grandes ou les gares sont des monument à part entière).
Différentes rotondes en arc : rotonde de Bordeaux (détruite), de Perpignan (détruite) et de Longueville (conservée, restaurée avec l'aide de la Fondation du Patrimoine et inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques.
Différentes rotondes en arc avec un dôme protégeant le pont tournant : rotonde d'Ambérieu-en-Bugey (détruite pour laisser la place à une rotonde plus moderne), de Grigny dans le Rhône (détruite), et du Teil en Ardèche (coupole détruite ainsi que la moitié des voies de garage), qui ont été toutes les 3 construites strictement sur le même modèle (tout comme celle d'Amagne-Lucquy dans les Ardennes, Alès dans le Gard, Chalindrey (Haute-Marne), Langeac (Haute-Loire), Laroche-Migennes (Yonne), ou les deux de La Mouche à Lyon (toutes les rotondes d'origine ont été détruites, sauf celle de Lyon, où il en reste une des deux, mais qui a perdu sa coupole et dont l'avenir est incertain).
Différentes rotondes en dôme : Chaumont, Nancy, Troyes, qui comportaient chacunes au moins 2 rotondes, et qui ont toutes été détruites.
Rotondes du P.O. : Brive-la-Gaillarde (Corrèze, amputée d'un tiers), Mauriac (Cantal)....
...Coutras (Gironde, détruite), Ussel (Corrèze, détruite en 1980).
Par ailleurs, certaines compagnies se sont inspirées des rotondes de la compagnie du PO, comme la Compagnie des chemin de fer de l'Etat. Par exemple, sur celle du Château du Loir, les pignons sont en bois.
Rotonde de Château-du-Loir (Sarthe, mise en service en 1891, conservée et inscrite aux Monuments Historiques) et de Saint-Yzan-de-Soudiac, en Gironde (détruite).

La rotonde de Blois, construite en 1891, en forme d'arc et avec un pont-tournant qui se trouve à l'extérieur de celle-ci est typique des rotondes contruites par le PO, et fait partie de la première génération de rotondes réalisées en France.
Rotonde de Conflans, d'Avignon et de Vénissieux (Rhône). Les deux dernières sont les seules rotondes que la SNCF a décidé de construire à sa création : celle de type unifié, dit de type p, comme celle d'Avignon, et celle et de type g, ayant pour origine la compagnie de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée.
Plan postérieur au précédent (le plan de la gare et du château d'eau sont tels qu'ils ont été construits). La rotonde est situé à l'emplacement où elle sera finalement construite, l'apenti et l'atelier au même endroit, sauf qu'elle est représentée avec 10 travées.