La rue de la Chaîne - - /!\ Les pavés et les bordures de la rue de la Chaîne vont être en grande partie remplacés par du ciment /!\


[Chapitre 2] Histoire de la rue.


Cette rue est située dans le quartier de Vienne, non loin de la Loire, et parallèle à celle-ci, en amont du pont Jacques Gabriel. Elle est très ancienne puisqu'elle existe depuis au moins le 13ème siècle et que son nom était déjà attesté à la fin du 14e siècle (1391 : rue de la chéene).
Cette rue était, jusqu'à la construction du Quai Amédée Contant au milieu du 18e siècle (autour de 1765), la voie principale longeant la rive Sud de la Loire. Elle faisait partie de l'axe Paris-Bordeaux, qui évitait le centre-ville, et les taxes qu’il fallait payer pour y entrer. Avant la construction de l’avenue du Président Wilson, on y passait pour rejoindre la rue des Ponts-Chartrains qui menait en Sologne.
Elle tire son nom de la chaîne qu'il était d'usage de tendre, en période de troubles, aux accès non défendus de la ville. Celle-ci existait encore au début du 15e siècle.
C'était un quartier situé en dehors des murs de la ville et plus populaire que la ville intra-muros. A cause du trafic, la rue comportait de nombreuses échoppes ainsi que des auberges. Les rez-de-chaussées témoignent de cela. De ce fait, ça ne devait pas être non plus un quartier pauvre (certaines façades décorées l'attestent).
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Plan de la rue avec, en pointillés, les bâtiments détruits en 1940, figurant sur le cadastre napoléonien, et en bleu, les bâtiments construits après guerre.
Vray portraict de la ville et chasteau de Bloys, François de Belleforest,1573. La rue de la Chaîne est représentée, en bas, à droite.
Une fois les quais construits, les maisons situées du côté Nord de la rue ainsi que leurs entrées se sont tournées vers la Loire. Le niveau du quai étant plus de deux mètres plus haut que celui de la rue, les premiers étages sont devenus des rez-de-chaussée, et les rez-de-chaussée ont été relégués au rang de caves. De plus, ces constructions ont été surélevées d'un ou de deux niveaux. La rue ayant été rehaussée, et en particulier à ses deux extrémités, il faut donc aujourd'hui descendre un certain nombre de marches pour accéder au niveau du sol d’origine des bâtiments.
Au premier plan, à gauche, la rue de la Chaîne. Détail de Blois. Voyage aérien sur la Loire et ses bords [ca. 1848], dessin d’Alfred Guesdon, et lithographie de Th. Muller.
Cette surélévation du bâti marque une transformation de la typologie des habitats. D’après les observations, il semble qu’auparavant, l’habitat était de type habitat individuel. La surélévation du bâti les transforme en petits immeubles collectifs (immeubles de ville).
Par ailleurs, au 18e siècle, ou au tout début du 19e siècle (avant 1810), sont construits deux immeubles importants qui viennent rompre le parcellaire jadis assez régulier. Un immeuble typique de l’architecture industrielle (19e siècle ou début 20e siècle) sera également construit à la place de deux petites constructions. Le côté Sud de l’extrémité NE de la rue a également été remaniée.

Sur les bâtiments conservés, les façades sur quai ont toutes été profondément modifiées, mais pas dans cette rue. Ainsi, un certain nombre de façades très anciennes ont été conservées. Certaines sont remarquables.

Plusieurs venelles aménagées entre les bâtiments permettaient d'accéder à la Loire. Une seule existe encore aujourd'hui.

La rue a été amputée en 1940, à cause des bombardements qui ont frappé le quartier. Côté Nord, il manque 2 bâtiments à l'Est, ainsi que qu'un îlot complet à l'Ouest (la place du Colonel Rol-Tanguy a été réalisée à cet emplacement). Côté Sud, la moitié Ouest a été entièrement détruite et reconstruite. Ce côté de la rue a été très largement rehaussée afin de créer une pente douce. De ce fait, les rez-de-chaussée restants ont été condamnés et transformés en caves. De plus, les pavés se trouvant dans cette zone ont été remplacés par du bitume.

Ancienne échoppe à demi-enterrée, avec porte postérieure.
La partie de la rue qui a été en partie reconstruite, avec, à gauche une maison gothique multiséculaire (15e ou début 16e siècle), dont le rez-de-chaussée est maintenant à demi-enterré.

La même maison, avant le rehaussement de la rue (dessin d’Etienne Gaudet, en 1933).

Vestige d'une ancienne porte à demi enterrée, à droite.