Destruction d'un manoir en Vienne.

Si nous pouvons déplorer la destruction de ce lieu d'importance de ce quartier, les fouilles imposées par la DRAC, auront au moins permis d'en savoir plus sur ce lieu.
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Vue du dessus de la cave.
Vue de l'intérieur de la cave, en cours de fouille. Cette cave comportait deux nefs, reposants sur trois piliers.
Coupe sur un mur. On aperçoit bien la masse d'argile côté extérieur, et le mur dont la base est joint au mortier de tuileau.
Une coupe. (l'extérieur a été décaissé par les fouilles)
Le côté extérieur du mur, enduit avec un mortier à base de tuileau, qui a été décaissé par les fouilles.
Ce logis comportait une cave, sous tout le bâtiment. Celle-ci comportait deux nefs, reposants sur trois piliers. Un escalier permettait d'y descendre, à partir d'une des portes de la façade principale.
Sol
Détail.
Escalier...
Les piliers de la cave, eux aussi maçonnés avec un mortier de chaux au tuileau.
Le sol naturel, avant apport d'argile, a été tapissé d'un mortier de chaux au tuileau.
Au premier plan, le pigeonnier.
Le sondage montre que l'escalier s'arrête au niveau de l'argile. L'argile n'a donc pas été ajoutée ultérieurement.
Détail d'une voûte...
Comme le montrent les fondations mises à jour par les fouilles, un bâtiment se situait dans le prolongement du logis.
Fait étonnant, le pigeonnier n'était pas accolé à ce bâtiment. Peut-être qu'ils n'ont pas été construits simultanément.
Là encore, on remarque un enduit à base de tuileau sur la paroi intérieure du bâtiment.
Détail.
La fondation d'un mur de clôture a également été mis à jour, dans le prolongement d'une autre ancienne maison médiévale.
Si la démolition de cet édifice d'importance est à déplorer, les fouilles, réalisées par l'INRAP, ont néanmoins permis de constater des choses très intéressantes.

Les
fondations ont été réalisées sur un sol comprenant (naturellement) sables et galets, ce qui correspond probablement à un ancien lit de la Loire.

La base des murs a été réalisé avec un
mortier à base de tuileau (tuiles ou briques réduites en poudre). Le tuileau avait pour but de conférer au mortier (réalisé à base de chaux et de sable), une meilleure imperméabilité....

Ensuite, les murs ont été recouverts d'un
enduit au tuileau, et ce, sur la face intérieure (jusqu'au départ des voûtes), et extérieur (approximativement jusqu'au niveau du sol.
A l'extérieur, de l'
argile a été apportée en grande quantité pour créer une barrière étanche entre le sol et le mur.
A l'intérieur, un mortier de tuileau a été coulé directement sur le sol (sable et petits galets), avant l'apport d'argile sur une épaisseur de plus d'un mètre !
Ceci avait probablement pour but d'assurer un maximum d'
étanchéité de cette cave, qui était située sur un terrain humide, voire inondable.

Le savoir-faire et l'apport important de matériaux n'était pas à la portée de tous.
Cela montre -encore- que le propriétaire de ce lieu était aisé, et que le quartier de Vienne, contrairement à une croyance répandue, n'était pas uniquement "populaire".
Les fouilles ont également mis à jour un important pigeonnier. Avant la Révolution, posséder un pigeonnier était un privilège. Le nombre de boulins (trous servant de nichoirs) était fonction de la surface de terre détenue par le propriétaire. Ce pigeonnier atteste donc du rang du propriétaire de ce lieu.
Les fouilles ont également mis à jour une occupation du site à l'époque mérovingienne et carolingienne, avec notament des fosses et des trous de poteaux, avant son abandon. Des traces de sable et d'alluvions pourraient être des traces de crues. L'urbanisation se fera, tout d'abord assez sporadique, au Moyen-Âge.


En décembre, des vestiges datant du
mésolithique ont été découverts. Il s'agit d'une halte de chasseur cueilleurs qui ont laissé éclats de silex, noisettes carbonisés, ossements.
Cette trouvaille est exceptionnelle (car rare, et c'est une première à Blois) et cette découverte fortuite fera l'objet d'une fouille spécifique début 2015.