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# La COP 21. Quelles politiques en faveur du climat à Blois ?

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Aujourd'hui, la NR du L&C publie un article "COP 21, et chez nous, on fait quoi pour le climat ?", orienté sur les politiques locales destinées à réduire les gaz à effet de serre.
Bien sûr, quand on les écoute, les politiciens locaux mènent tous des politiques ambitieuses pour le climat, mais quand on y regarde de plus près, ces actions concernent surtout l'isolation des bâtiments, leur système de chauffage, et dans une moindre mesure, les déplacements. Quant au reste ? Rien...! Or, seule une politique globale et ambitieuse pourra permettre de limiter efficacement la production des gaz à effet de serre.
# Par ailleurs, à écouter les politiciens, l'écologie et la lutte contre les gaz à effet de serre s'arrêterait aux transports et à la maîtrise de l'énergie. Or, il serait temps de voir plus loin !

Que penser des
nombreuses démolitions/reconstructions de bâtiments, gourmandes en énergie ?

Que penser de la démolition de la rotonde ferroviaire de Blois, fin 2013, sans aucune étude préalable, alors que cet élément patrimonial était en bon état structurel et sans savoir ce qu'on allait faire à la place ? Que penser du va-et-vient incessant des camions-benne jusqu'à la périphérie de Tours pour traiter les matériaux ?

Que penser de la démolition d'un logis gothique (datant de l'an 1500 environ), en Vienne, toujours fin 2013 ?

Que penser de la mise en décharge de pavés en bon état lors des travaux de la rue de la chaîne en 2014/2015 ?

Que penser de la démolition prochaine, par l'agglomération, de la partie de l'ancienne usine Québécor qui est en béton, et dont la masse est estimée à 25 000 tonnes selon une étude ? Que penser des gaz à effet de serre émis par les puissants engins qui vont mener cette démolition, des gaz émis par le millier d'aller-retours des camions destinés à transporter les gravats, des gaz émis pour traiter les matériaux (concassage), puis des gaz émis pour créer de nouveaux matériaux destinés à construire un nouveau bâtiment, au transport pour acheminer ces matériaux, et enfin des gaz émis par les engins pour créer de nouvelles fondations, etc. ?

En plus de la destruction de notre patrimoine, quel est le coût en bilan carbone de ce type de démolition, alors qu'une bonne réhabilitation (un bon projet au bon endroit) est en général moins coûteuse économiquement qu'une démolition/reconstruction, et toujours, largement moins gourmande, écologiquement parlant.
La réhabilitation serait pourtant un moyen simple de réduire de manière substantielle le réchauffement climatique, sans surcoût pour les collectivités, même s'il faut réfléchir (certains ne doivent pas aimer cela).


# Nous pourrions aussi évoquer le manque de valorisation des produits agricoles locaux : la majorité municipale ne veut pas entendre parler d'un marché couvert (cela se fait pourtant dans de nombreuses villes), qui aurait pour but de valoriser et conforter les métiers de bouche, en difficulté, et de valoriser la vente directe, les circuits courts. A contrario, ils veulent une grande surface alimentaire type Monoprix (qui a refusé) en centre-ville. Quel est l'intérêt de valoriser l'agriculture péri-urbaine, si ces agriculteurs n'ont pas de débuchés, au quotidien sur Blois et sont contraints de vendre leur production, géréralement bio, sous forme de paniers, à Paris ? Pendant de temps, à Blois, les surfaces commerciales font venir des pommes de Bretagne ou du Chili ?
Nous pourrions également évoquer des lampadaires installés il y a 10 ans, et à nouveau remplacés aujourd'hui, dans le cadre de travaux de l'ACVL !
Nous pourrions également évoquer les bâtiments, appartenant à la ville, non entretenus, voire, laissés pour compte, qui nécessiteront des travaux bien plus lourds, que s'ils avaient été entretenus...
Etc., etc. .



# Comme je dis souvent, vous pouvez acheter bio pour vous donner bonne conscience, mais si vous prenez des masses de sacs plastiques, si vous ne faites pas le tri sélectif, et que vous prenez la voiture pour faire 500m, ça ne sert pas à grand chose... Pourtant, dans l'esprit, c'est ce que font la plupart des collectivités....


Les mesures pour limiter l'émission de gaz à effets de serre, ne sauraient être une succession d'actions isolées et déconnectées d'une politique globale, qui produit, aujourd'hui de fortes émissions de ces gaz. Il serait peut-être temps de réfléchir à une réelle politique environnementale digne de ce nom.




Nicolas Viault - le 30 novembre 2015.
Ancienne usine Québécor... 25 000 tonnes de béton destinés à être détruits par l'agglomération. A noter l'éclairage naturel par shed, alors qu'aujourd'hui, dans ce type de bâtiment, la lumière artificielle par tubes fluorescents ("néons") est privilégiée... Un non-sens écologique...
La rotonde ferroviaire, édifice rare, en bon état structurel, intéressant au niveau des volumes, détruite par la ville, sans aucun projet derrière.
Piste cyclable de 30 cm de large, alors que la loi prévoit au minimum 1,50 m, hors caniveau et hors marquage ! Rue de la Croix Boissée, quartier de Vienne.
Excentrement et dispatchement des activités, à Blois
Travaux financés en partie par la ville (logements étudiants îlot Ducoux), où l'isolation est restée ainsi, à l'air libre, et soumis à la pluie pendant 2 mois (juillet et août 2014). Après avoir été soumise à l'eau, cette isolation est-elle encore efficace ?
Par ailleurs, les fenêtres, qui mesurent 1x0,8m sont trop petites. Ce type de logement devrait posseder 4x plus de surface d'ouverture selon la loi. Comment le permis a-t-il pu être accepté par les services de la ville ?
# Pour parler uniquement de Blois, dans les déplacements, tout reste à faire, car ce n'est pas (pour reprendre les paroles de M. Boujot, adjoint au maire en charge de l'environnement) "en incitant les gens à se stationner dans les parkings souterrains, à prendre la navette gratuite qui fait le tour du centre-ville", qu'on réduira les gaz à effet de serre, mais en offrant un réel réseau de transports en commun qui permettra à un certain nombre de personnes de laisser leur voiture chez elles.
Par ailleurs, ces parkings souterrains ne permettent même pas de réduire la circulation automobile en ville, contrairement à des parkings relais, inexistants sur Blois, car ceux-ci sont situés en plein centre-ville.
# De plus, la lutte contre le réchauffement climatique, au niveau des transports, ne devrait pas s'arrêter à cela. Plus qu'une succession de mesurettes, cela devrait être un état d'esprit, une vison globale. Or, ce n'est pas le cas.

Cela devrait commencer en premier lieu par l'
aménagement du territoire, car, ce n'est pas en excentrant les activités en périphérie et en les dispatchant que la voiture sera moins utilisée, bien au contraire.
Il est extrêmement difficile de desservir efficacement par les transports en commun ces différents espaces devenant autant de lieux de centralité, et les utilisateurs de ces lieux sont contraint de prendre leur voiture pour naviguer d'un lieu à un autre.
Ces activités dispatchées en périphérie n'incitent pas à utiliser les déplacements doux (marche à pied, vélo, rollers,..), car les kilomètres s'accumulent pour aller d'un point à un autre, et les parcours sont rarement sécurisés en périphérie (ex : accès à Cap Ciné qui est clairement suicidaire pour les piétons et les cyclistes : 2x2 voies, pas de passage piétons au rond point sur lequel débouche cette 2X2 voies...).

Or, à Blois, comme partout ailleurs, la plupart des surfaces commerciales sont en périphérie. Alors qu'il y a 15 ans, il y avait plusieurs cinémas dans le centre de Blois, aujourd'hui, il faut se rendre en périphérie pour aller voir le dernier film. La piscine, située en ville, a également été excentrée, par la ville et l'agglomération, il y a quelques années.
Aujourd'hui, les politiques publiques continuent d'aggraver cela, puisque qu'un certain nombre d'activités qui ont lieu actuellement à la Halle aux Grains (salons, évènements culturels,...), en coeur de ville, seront organisées à la salle du jeu de Paume, qui est en construction. Les élus ont décidé de construire cette salle (coût : 30 millions d'euros), en périphérie, alors cette salle aurait pu être construite à proximité immédiate du centre-ville, dans une zone très bien desservie en transports en commun : le quartier gare, qui est en pleine restructuration, et qui comporte de ce fait, de nombreux espaces libres, dont les fonctions à venir ne sont pas encore déterminées.
Aussi, l'Observatoire Loire, situé en plein coeur de ville, dans le quartier du Puits Châtel, va être délocalisé à la Chaussée Saint-Victor (coût : 1,5 millions d'Euro), à côté du parc des Mées, dans une zone non desservie par les transports en commun et loi de tout parcours évident. Pourtant, cet espace est destiné, selon les élus, à accueillir habitants, touristes et scolaires.

Et demain ?
# Pour les déplacements à vélo, s'il y a des efforts réalisés, il faut dire que ce sont des obligations légales. La ville ne fait donc que respecter la loi (et encore, car un certain nombre d'aménagements neufs ne sont pas aux normes et/ou dangereux, et devront être refaits). M. Boujot parle de "parkings sécurisés comme à la gare", avec un "s", mais c'et le seul dans toute la ville (et payant). Blois a donc un énorme retard sur ce point. Il faut savoir que, d'après une étude réalisée à Bourges, la peur de se faire voler son vélo est le 2e frein à l'utilisation de celui-ci, après le risque d'accident.
Manoir gothique (datant de l'an 1500 environ), détruit dans le quartier de Vienne, à Blois.
[ SOMMAIRE DE LA PARTIE ]